À force de recevoir leurs avis par la poste, je fus imprégnée par l'odeur de la colle des timbres. Les lettres rentraient un par une m'annonçant des nouvelles parmi d'autres. ( J'y étais habituée, bien sûr. ) Bizarrement, chaque fois que je tombais sur une lettre de mauvaise envergure, je le savais. Une sorte de don empoisonné que j'avais reçu à mon retour à la vie. Bref, ceci dit, les impressions de mon histoire contrôlait ma façon de voir le monde. Changer de clan à toute les semaines m'était devenu familier. Une guerre avec moi-même avait été entreprit. Je me séparait peu à peu de mes idées. C'était comme réaliser qu'on parcoure la route avec une roche dans l'estomac. Une inatteignable envie de partager un nouveau monde avec quelqu'un se propageait dans mon âme. Chaque soir, une image rapide me montrait mes erreurs, et me disait de faire attention à tout ce qui bougeait. La paranoïa frappait tous mes amis, et non, plus seulement moi. J'appelais à l'aide, à la plus aventurières de mes connaissances, mais celle-ci ne répondait plus. Frappée par un choc quelconque. Elle ne me devait plus rien, elle ne m'avait jamais rien du de toute façon. Seul les moments précis de notre coexistence revenaient à leur maître. Je regrettais par moment de m'avoir investi dans une telle situation. Un tel bordel n'était pas ce que je me destinais, lors de mes premières années de compréhension du monde. Le temps s'est vite assombri, le ciel est devenu gris trop rapidement. Et dire que j'entendais déjà des vieux se plaindre de notre fameuse génération. Ils iraient donc jusqu'à craché sur des foetus humains pour se défouler? J'adorais avoir raison, car là au moins , j'étais sure de mon point. Jusqu'à ce que quelque chose de supérieur à moi ne vienne me le voler pour le copier sur leurs lettres. D'ailleurs, les lettres que j'ai envoyé n'était, selon moi, que des photos de leurs réalités. Les opinions des autres n'affectait pas du tout mon sens de l'humour. Oh ça, non. Et puis avec le temps, je me désistais peur à peu. Ayant peur du rejet et de fuir mes envies, j'abandonnais le courage à deux mains, et je laissais tranquillement entrer les nuages dans mon refuge. Je les ai laissé me ronger l'inspiration, je me suis évadée en eux. Séparée en plusieurs parties, je suis devenue quelqu'un de normal, avec des aspirations pour la base de l'intelligence humaine. Celle de la communication.
J'oublie.
(La divergence est un désaccord.)