*********Je vois mal, j'ai les yeux cachés par tes avis. Ton image m'éloigne de la réalité. Tu m'oublie dans ton rêve. Je cherche toute la nuit et ce que je trouve ne sont que des souvenirs qui s'effacent lentement.
Tu avais un surnom et un regard. Ton parfum me déroutait et le reste, on ne le remarquait jamais. Je te cherchais dans les allées, je ne te trouvais jamais. J'ai joué à un jeu d'excessive, je me suis trop donnée.
Et tu reviens de temps en temps. J'ai peur de le montrer, des barrières retiennent mes mains qui partent dans le vide. Je respire en m'étouffant quand j'y pense. Je le ressens, je voit tout sur moi. J'ai le corps défraîchi et les yeux éclairés, je suis à plat ventre sur le plancher de la salle de bain. Goûte par goûte, je fais peur à voir, d'après les dernières nouvelles. Et tout ce qu'on a été s'est effacé. Nos bouches sont sèches et je n'ai rien préparé. Dehors, il fait bon et je n'aii même pas remarqué. L'hiver refrappe nos os dégelés et je ris. J'ai touché au fond, je crois bien. Mes phalanges frémissent quand elles sentent le besoin de bouger. Je cours vers le fond du métro, juste pour te revoir une dernière fois, à travers des yeux qui mentent. Des vitres qui bougent vite.
J'apprécie un rien dans nos visages, et je le remarque. Les wagons divaguent avec le temps qui défile devant nous. Allongée sur banc, je me sens mieux de voir que le ciel demeure de la même couleur. Je cherche à comprendre, à trouver quelque chose à analyser. Malheureusement, je ne vois plus rien, l'image devient floue. Tout est interprétation dans nos vies, rien ne remarque la mienne. Je voulais me trouver dans autre chose, mais un jour tu m'as enlevé cette envie. L'envie de voir ce qu'il y a, ailleurs.
Maintenant, tu me suis dans ma fuite.
Je voulais bousculer le bonheur, lui rendre son compte. Mettre ses envies à l'heure. Mieux vaut l'illusion de l'instant que celui de toute une vie. Les mensonges se sont affaiblis, un jour de nuit. Nous nous sommes égarés chez moi. Et plus tard, j'enviais ma vie. Tant mieux, il se faisait tard et j'avais fermés les paupières tôt. Lâche, c'est ce qu'on comprendra. Je n'avais rien à craindre, les bras des autres avaient réussi à m'éteindre. La chaleur, étreinte par mes ambitions, m'a rassuré, bizarrement. Je me sentais bien mais malgré tout, je ne pouvais pas cacher mon personnage.
On dira de moi demain ;
Ça augmente dans sa face comme si elle avait été rongée par son passé.
Ça se multiplie jusqu'à ce qu'elle aie du mal à nous entendre.
J'ai peur parce que ça déteint sur mes yeux déjà peints.
Je suis vide de mots, je n'ai qu'à fermer les yeux pour le voir. Les autres sont loin, les autres c'est des rêves qui partent vites, qu'on voit seulement quand on le veut bien. Le reste c'est nous-même qui l'inventons. J'invente un monde qui n'existe pas.
Je souffre pour rien car il ne reste que moi ici.
-Aimer c'est se choisir quelqu'un
et se faire prendre par lui.
[ Réjean Ducharme ] Extrait de L'avalée des avalés
**********Je commence ma nouveauté, je renaît. Tu m'as fermé cet après-midi. Après tout, on m'a dit que ce n'était qu'une étape, une partie du chemin a résisté, à ne pas s'enfoncer dans le ventre comme un poignard ensanglanté. Je m'éloigne à des lumières, ruisselantes sur tes pupilles dorées par le souffle des rumeurs montréalaises, elle est dilatée. On attrape l'air en se voyant. Je ne peux pas parler à cette deuxième personne. Faute d'âges, de principes et de «gutts», si on appelle ça comme ça. Je sais qu'on se comprend, je vais te le dire dans mon ½il et tu comprendra. Pourtant je passe de bonnes heures a voir le monde plongé dans la nature humaine. Dans tous les méfaits accomplis, dans les horripilations qui l'entourent. Lentement, je me glisse en eux, j'ai perdu le sens de la raison. Tous me dégoûte dans ce petit Babel, dans ce monde des mers frustrées. Dans ce monde où personne ne se trouve, exporté d'un continent à l'autre, jeté par dessus les océans dans des projectiles invisibles. Planète de personne, île immobile. Mais il y a son ½il inconnu, que je ne reverrai jamais.
Je l'ai dit tentôt, je le cris. La vie trouve sa place. Et je claque la porte tout en faisant mes habitudes. Je claque de l'intérieur, ça ne gèlera pas cette fois-ci. Je pense attrapé les prochaines chances, au lieu de m'arrêter à cette chose. Veste de protection ,enviante de sons, c'est un oubli de matériel, cette fois-ci. Son enveloppe a été laissé de côté. Elle est bien moins compliqué, on opte pou la facilité et on rêve de proximité.
Un ½il qui me frappa, un seul. Comme une illumination après ton ouragan. Pas un regard mais bien un ½il. Un signe de la main, un ½il qui tombe dans le mien. Me cogne le c½ur. Je pose mes mots sur sa main qui avait quitté le poteau, sa chaleur m'entend, oui c'est autre chose cette fois-ci. Je crois que mon esprit est en fuite. Je crois que tu commences à t'essouffler, enfin un peu. Puisque tu ne comprendras jamais ce que tu es. Et que ce sera pareil pour tous les gens comme moi qui auront cru en toi, qui auront voulu te démontrer de quoi aurait tu été digne. La normalité n'existe pas, mais l'absurde dépasse nos capacités. N'importe quoi, elle raconte.
Je n'ai qu'à fermer les yeux pour voir à quel point je suis seule, oui. Je me réconforte de voir nos vies se tranchées, je cours encore pourtant.
Il ne venait pas de loin, non il habitait tout près. Il aurait bien fallu le rencontrer avant, l'½il, le différent dans ma routine. Je tue les derniers mots, ceux que j'ai tant relu, avant eau dans l'âme. Flotteuse sur ton ouverture sur le monde. La gare est vide. C'est le temps de la page tournée, l'heure du suicide prématuré. Celui là, que nous aimons tant et qui ne paraîtra pas. Qui n'apparaîtra pas.